Cap sur l'impression :
encre, ciel et terre

Par Sascha Burkhardt

(Paru dans le PalmTops N°14 Nov 2000)
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Après les applications de gestion d'informations personnelles, la bureautique demeure la seconde motivation d'achat d'un ordinateur de poche. Aussi, c'est tout naturellement que les imprimantes portables popularisées depuis l'arrivée massive des Notebook tendent à se rapprocher de nos ordinateurs de poche.
Cependant, qu'en est t-il de leur prise en charge par les systèmes d'exploitation spécifiques présents sur nos PDA ? L'investissement qu'elles représentent en vaut-il la chandelle ?

 

Les périples de Gutenberg
Windows CE
Palm OS
Epoc/Psion
Entre impressions et pérégrinations…

Hewlett Packard DeskJet 350 CBi
Citizen PN60i
Canon BJC-55 & 85
Brother MP-21CDX
Conclusion

Les périples de Gutenberg

Nous souhaitions connaître les possibilités d'impression directe - sans utiliser un PC - à partir des ordinateurs de poche actuels sur des imprimantes facilement transportables. Tout d'abord, force est de constater que les PDA se voient plutôt considérés comme des périphériques en lieu et place de véritables ordinateurs. Par conséquent, beaucoup de systèmes d'exploitation n'envisagent pas de fonction d'impression. Néanmoins, fort heureusement, des développeurs tierces ont pris en charge l'expansion de pilotes voire même d'outils complets offrant une impression correcte sur les trois plates-formes se partageant le marché des PDA.

Windows CE

Commençons par Pocket PC ou la déclinaison de Windows CE pour les ordinateurs sans clavier. Ces machines sont toutes dotées d'un port infrarouge, qui pourrait offrir une liaison idéale avec les imprimantes mobiles de la nouvelle génération. Pourtant, la version 3.0 de Windows CE (Pocket PC) n'intègre aucun pilote d'impression. Ainsi, les menus des applications comme Pocket Word ou Pocket Excel sont tout simplement dépourvus d'un item "Imprimer". Paradoxalement, dans le menu "Outils", se trouvent bien les possibilités d'envoyer le document par e-mail ou de le transférer sur un autre ordinateur grâce au port infrarouge.

En revanche, sous Windows CE pour machines à clavier, l'impression est bien implantée. Nous avons testé le Jornada 680 de Hewlett Packard : dans le menu "Imprimer" de cette version de Pocket Word, l'utilisateur a tout de même le choix d'envoyer ses documents à travers divers ports - entre autres le port IrDA - sur une imprimante laser ou jet d'encre, pour peu que ce soit une... Hewlett Packard ou compatible. En effet, l'unique driver en PCL ne nous permettait pas d'imprimer sur les autres machines du test qui ne possédaient pas une émulation HP PCL. Par chance, le constructeur Canon a développé un pilote que l'on peut télécharger gratuitement afin d'imprimer sur les BJC-85 & 55. Pour les autres imprimantes, il faudra avoir recours à un utilitaire payant du type JetCet décrit dans l'encadré consacré à Windows CE.

Les utilitaires d'impression pour Windows CE

JetCet, dédié aux machines à clavier de type H/PC Pro, existe en deux versions. La version professionnelle (40 $) dispose d'une impression en tache de fond, offre le support de la couleur ainsi que l'impression d'images. La version "classique" coûte, quant à elle, 25 $ et recèle déjà de nombreux atouts comme par exemple un nombre de drivers imposant. [www.westtek.com/producttext2.htm]
Bprint de l'éditeur Bsquare offre aux machines Windows CE type P/PC la possibilité d'imprimer des documents TXT ou BMP, chose qui par défaut leur est interdite. [www.bsquare.com/products/p_bprint.htm]
Netprint de l'éditeur FutureSoft offre l'opportunité de passer par un réseau de type Ethernet afin de faire parvenir ses documents à l'imprimante. Commercial 60 dollars [www.futuresoft.com/products/lit-netprint.htm]
PocketClipPrint imprime votre presse-papiers de façon très simple et surtout en quelques secondes. Spécialement adapté à Pocket PC, ce programme commercial vous coûtera 40 $ [www.fieldsoftware.com/PrintPocketCE.htm]

Palm OS

Les possesseurs d'une machine de poche sous Palm OS ne sont pas mieux lotis que les utilisateurs d'un Pocket PC : dans la version d'origine, aucun pilote d'impression n'est prévu. Le chargement d'un utilitaire du type PalmPrint [www.stevenscreek.com] change la donne : il ajoute la possibilité d'imprimer au moins le contenu du presse-papiers, d'un mémo ou de la liste des tâches à effectuer. Cette sortie ne se fait pas à partir de l'application ad hoc, mais bien à partir de l'interface de PalmPrint. Par le biais du presse-papiers, beaucoup d'applications ont donc accès à l'impression. Le choix des imprimantes se révèle très vaste : PalmPrint propose, par exemple, une sortie sur une imprimante texte simple - avec ou sans retour à la ligne- pilote les HP (mode PCL), Canon, Epson ou même des machines répondant à la norme PostScript. Pour finir, la connexion se fera, au choix, à travers le port infrarouge ou par connexion physique. Enfin, même la vitesse du Port IrDA peut être paramétrée sur trois niveaux, ce qui s'avère nécessaire pour le bon fonctionnement de la Citizen de notre test.

PalmPrint propose également une impression sur l'imprimante Monarch de Paxar. Il s'agit là d'un produit spécifiquement conçu pour Palm : le petit boîtier tient dans la main et comporte un logement, dans lequel se glisse le PDA. La connexion s'effectue ainsi sans câble à travers le connecteur série situé au pied du logement. L'impression a lieu sur un petit rouleau de papier thermosensible du style "facturette de carte bleue". Malheureusement, lors de nos tests, la qualité d'impression n'était guère satisfaisante. Cependant, il faut bien admettre qu'une impression de ce format n'est pas censée produire de longs textes de type lettre.
La Monarch est plutôt destinée à des applications verticales (stock, inventaire, …), à l'impression rapide de petites notes ou encore d'adresses. Côté pratique, on retiendra le petit format de la Monarch, son faible poids et la boucle de maintien qui facilitent le transport et le maniement de cette mini-imprimante.

Les utilitaires d'impression pour Palm OS

PalmPrint s'est imposé rapidement comme la référence en matière d'impression sur les machines Palm OS. C'est un logiciel commercial d'un coût de 40 dollars. [www.stevenscreek.com/palm/palmprint.shtml]
IrPrint constitue une suite commerciale vendue 25 dollars qui permet d'imprimer à l'aide du port série ou de l'infrarouge de votre machine de poche. [http://www.iscomplete.com/]
DOC Print distribué pour sa part sous forme de freeware offre la possibilité d'effectuer une sortie papier de n'importe quel document texte. [http://www.palmgear.com/software/showsoftware.cfm?sid=96006620000918115908&prodID=5533]
TealPrint comprend de nombreux drivers additionnels permettant de dialoguer avec les imprimantes HP, Dymo, Epson, Canon et dispose même d'un "spooler" d'impression qui mène à bien sa tâche lors de la synchronisation suivante. [www.tealpoint.com/softprnt.htm]

Epoc/Psion

Concernant l'impression, c'est sans aucun doute le Psion Series5mx, qui s'approche le plus près possible d'un vrai ordinateur de poche. Ces fonctions sont tout naturellement implantées dans la quasi-totalité des applications et les possibilités sont nombreuses : au choix, la connexion peut se faire à travers le PC sur une imprimante de bureau, via le port infrarouge ou encore par l'intermédiaire du câble parallèle spécifique Psion.
Le pilote d’origine du Psion propose, entre autres, une sortie en mode Epson LQ-860 - émulation extrêmement répandue et universelle - un mode HP DeskJet/LaserJet ainsi qu’un driver Citizen. Cependant, même après le téléchargement d’une mise à jour des pilotes sur le site de Psion, l’impression est insatisfaisante : parfois, certaines lignes étaient imprimées en double sans aucune raison valable. L’aspect final du document, parsemé de lignes en gras, interdit son utilisation pour des courriers importants.
Fort heureusement, Andrew Johnson, [www.aps.anl.gov/~anj/], un auteur freeware, propose une mise à jour gratuite des pilotes d’Epoc ER5. Après exécution du minuscule fichier d’installation, le choix d’imprimantes s’est élargi d’une Canon BJC-80 (LQ mode). Notez que ce pilote ne marche pas seulement avec toutes les Canon disposant de l'émulation LQ, mais également avec toutes les autres imprimantes du marché capables d’une émulation Epson LQ. Attention cependant, car sur d'anciennes imprimantes comme la Canon BJ10sx, la commutation entre l'émulation native Canon et l'émulation Epson LQ doit se faire à travers des dip-switch situés sous le capot.
Après de nombreuses heures de tests du pilote d’Andrew Johnson et d'un bon nombre d’imprimantes, un constat s'impose. Il s'avère de loin le driver donnant les meilleurs résultats. En particulier dans le cas d'une impression à travers le port IrDA là même où les drivers fournis par Psion sont incapables de sortir une page entière sans interrompre la communication infrarouge. En imprimant par le biais du pilote BJC-80, presque tous les problèmes disparaissent comme par enchantement. Reste à savoir pourquoi le constructeur anglais ne livre pas toutes ses machines avec ce pilote...

Entre impressions et pérégrinations…

Voyons un peu les imprimantes mobiles… L'offre nous a paru également très limitée : peu de constructeurs proposent des machines portables et les quelques modèles référencés ne sont que rarement présents en démonstration dans les étalages des marchands. Une imprimante portable destinée au travail en équipe avec un PDA doit évidemment être de dimension réduite et d'un faible poids. Ensuite, il est impératif qu'elle soit dotée d'un accu lui permettant d'imprimer loin de toute source d'énergie. Par ailleurs, même si lors de votre déplacement, vous aviez toutes les chances de trouver une prise, il serait néanmoins gênant d'ajouter une alimentation à votre sacoche. Mis à part le poids supplémentaire, cela représente toujours quelques câbles disgracieux en plus à sortir lorsque l'on souhaite imprimer rapidement une lettre ou un rapport. Dans la même optique, il paraît impératif que l'imprimante soit dotée d'un port infrarouge : même si la possibilité de brancher un câble parallèle existe, cette interface représente un objet de plus à transporter, à étaler sur votre bureau mobile et à brancher. A l'opposé, une imprimante dotée d'un accu et d'un port infrarouge, se pose tout simplement à côté du PDA... autorisant une impression simple et rapide.

 

Hewlett Packard DeskJet 350 CBi

Concernant les imprimantes de notre test, seules les Canon, Citizen et Hewlett Packard sont pourvues d'un port infrarouge. Pour les premières, le port IrDA est intégré dans le boîtier et se représente sous forme d'une petite fenêtre sombre et discrète. Pour la HP en revanche, il s'agit d'un dongle ajouté au port parallèle : une pièce saillante de plus, s'ajoutant à un boîtier déjà très volumineux pour une imprimante portable. Il est vrai que l'on se voit mal par exemple, exhiber la HP lors d'un déplacement ferroviaire. Par ailleurs, lors du fonctionnement, cette imprimante présente un certain temps de réponse avant de commencer l'impression et son niveau de bruit est assez élevé. Malgré ces quelques griefs, la DeskJet bénéficie d'une qualité d'impression plus que satisfaisante.   Deskjet 350 CBi
 
Citizen PN60i
La Citizen remporte la palme du poids et de l'encombrement : elle s'avère si petite que lors de son fonctionnement, une petite trappe s'ouvre afin que le chariot de la tête d'impression puisse se déplacer en dehors de l'imprimante. L'accu NiCad, de technologie un peu ancienne, est greffé sous le boîtier. Cependant, bien qu'il ne soit pas intégré, il n'augmente pas de manière significative l'encombrement de la machine. En revanche, les petites dimensions de la Citizen sont obtenues par l'emploi d'une technique à transfert thermique.   Citizen PN60i
Contrairement à la technologie jet d'encre employée dans toutes les autres imprimantes du test, il s'agit d'un ruban, contenu dans une petite cassette, qui défile devant des aiguilles thermiques. Ce procédé se révèle assez silencieux. De plus, l'aspect des caractères et des images se montre agréable : les noirs très profonds créent des documents fortement contrastés. En revanche, le coût de le page atteint des sommets : selon le constructeur, une cassette tient environ 35 000 caractères. En imaginant que cela soit le cas - bien que le rendement fut moindre lors de nos essais - cela ne représenterait qu'une douzaine de pages environ.
La Citizen semble donc uniquement destinée à des sorties occasionnelles de documents importants et non pas à une utilisation régulière. En outre, lors de nos tests, la Citizen a posé des problèmes de communication infrarouge : dans PalmPrint, le port de communication doit être réglé sur "Slow infrared". Avec les Psion, l'utilisation du driver intégré "Citizen" n'est pas possible. A travers le driver "BJ80", l'impression de documents peu complexes était réalisable, mais l'impression d'images par exemple fut interrompue au milieu de la feuille. Enfin, le branchement d'un PDA via un adaptateur parallèle n'est pas permis, étant donné que la Citizen ne dispose pas d'une prise Centronics.
 
Canon BJC-55 & 85
Bien qu'un peu plus encombrantes que la Citizen, les deux Canon sont encore parfaitement adaptées au transport dans un attaché-case. Dans le modèle plus ancien, la BJ-85 de dimensions supérieures, le chargeur automatique de papier est intégré. Il est extrêmement agréable de pouvoir charger d'un seul coup un grand nombre de feuilles. En effet, le fait de devoir en permanence "approvisionner" l'imprimante en cours d'impression d'un long document s'avère rapidement pénible. La BJ-85 est d'ailleurs la seule imprimante du test à chargeur automatique intégré.   BJC 55
A cet égard, nous félicitons son constructeur qui a réussi à intégrer cette pièce dans un boîtier si petit. Pour toutes les autres machines du test (sauf la Citizen qui n'offre pas cette option), il s'agit d'une pièce supplémentaire, généralement assez volumineuse, greffée sur la machine.
Enfin, la toute récente BJC-55 que nous avons pu tester à l'état de pré-série brille surtout par son poids et sa grande vitesse d'impression.
 
Brother MP-21CDX
La Brother MP-21 représente un cas à part ; cette imprimante peut être livrée (en version CDX) avec un cordon parallèle et une alimentation externe. Cependant, sa vocation première est de fonctionner avec sa carte PCMCIA, qui lui sert d'interface vers l'ordinateur mais aussi d'alimentation. L'imprimante, dotée d'une technologie à consommation faible, s'alimente donc à partir de la batterie de l'ordinateur hôte. Malheureusement, même si une machine de poche est pourvue d'un port PCMCIA comme par exemple le netBook, elle ne peut fournir suffisamment d'énergie.   MP-21 CDX
L'utilisation de la Brother, par ailleurs assez silencieuse, se limite donc à des vrais (sub) notebooks dotés d'un accu suffisamment puissant. De plus, même en utilisant l'alimentation externe de la version CDX, celle-ci ne peut fonctionner avec un PDA à travers le port parallèle : le brochage de sa prise parallèle n'est pas de type Centronics et ne permet donc pas d'enficher un câble à cette norme. Par ailleurs, la MP-21 a besoin de son driver pour fonctionner et ainsi ignore totalement les modes Epson ou texte se sachant dialoguer qu'avec Windows 9x.
 

Conclusion

En résumé, peu d'imprimantes fonctionnent en parfaite symbiose avec nos PDA. Même celles qui s'adaptent avec plus ou moins de bonheur à notre vie nomade ne sont pas forcément conçues pour la collaboration avec des machines de poche. Pour preuve, les manuels d'utilisation parlent rarement de Palm OS, d'Epoc ou encore de Windows CE.
Beaucoup de fonctionnalités, comme l'impression en couleur, n'étant pas accessibles à partir des ordinateurs de poche par manque de pilotes adéquats, les utilisateurs de PDA ne bénéficient guère des avancées dans ce domaine. Une ancienne imprimante du style BJ-30, dotée d'un accu et d'un dongle infrarouge, peut donc parfaitement suffire pour une utilisation nomade en équipe avec votre PDA.
Parmi les imprimantes actuelles, c'est la BJ 85, qui remporte notre coup de coeur, suivie par la BJ 55, malheureusement dépourvue d'un chargeur automatique dans sa version standard.

(c) Sascha Burkhardt, Posse Press

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